Depuis déjà quatre mois, je vis un bonheur sans fin, un rêve sans éveil, je ne la connais pas encore très bien, mais je l'aime déjà, pour ce qu'elle est, pour tout ce qu'elle m'apporte. Je lui appartiens, elle détient ma vie, car sans elle je ne suis qu'une coquille vide, sans âme. Elle m'a donné la chance de vivre. Personne ne lui arrive à la cheville, je n'ai même pas besoin de les connaitre, les autres, c'est elle que j'aime. Nous n'avons pas encore eu de dispute, je sais qu'elles viendront, mais je sais aussi que nous saurons passer au travers, c'est un amour inconditionnel qui nous unie.
Déjà sept mois que nous sommes ensemble. Elle m'étouffe, elle m'empêche de respirer autant que je voudrais, mais je l'aime tant. Peut-être est-ce moi qui en demande trop. Je suis envahissant dans son univers, je m'en veux de la faire souffrir, mais c'est plus fort que moi... Si je la quittais, je sais qu'elle serait plus libre, qu'elle se sentirait moins étouffée, mais c'est hors de mon contrôle, c'est tout simplement impossible pour moi de la laisser, j'en mourrais sur le champ...
Depuis maintenant neuf mois que je lui appartiens. Je ne sais plus quoi faire, je l'aime tant, mais je ne peux plus vivre ainsi, je suis déchiré entre le meilleur des deux mondes. Rester avec elle, ma source de réconfort, mon point de repère, tout ce que je connais, ou, la quitter, découvrir le monde sous un nouvel angle, faire des découvertes, apprendre à connaitre de nouvelles personnes...
Je n'en peux plus, je ne peux plus rester, ça m'est insupportable, elle est rendu une cellule, une prison, elle m'étouffe, elle m'empêche de vivre pleinement, de vivre comme je le devrais, je dois sortir de cette étreinte.
Je lui fais comprendre que je dois m'en aller, je lui fais comprendre qu'il est trop tard,
Je l'entends hurler, elle me repousse, me rejette, elle a mal. C'est moi qui la fais souffrir, mais je ne peux faire autrement, c'est le seul chemin à suivre, nous seront mieux ainsi tous les deux.
Huit heures plus tard, le 12mai 1991, ma mère m'a mit au monde et je suis mort pour la première fois.